Nous pouvons déplacer des montagnes

Comme parents, nous sommes soucieux d’aider nos enfants à progresser et à devenir des gens bien, des gens qui réussissent, n’est-ce pas? Alors nous faisons usage de critiques, de compliments et d’encouragements. Mais nous les utilisons parfois sans trop se rendre compte du réel impact sur nos enfants.

« En lui disant ce qui ne va pas, je l’aiderai à faire mieux », pensons-nous souvent. Mais Haim Ginott disait de la critique négative trop fréquente:

« Le diagnostic devient la maladie »

En effet, ce n’est pas en disant à un enfant qu’il est lent, qu’il va devenir intelligent. Au contraire. Si vous répétez à un enfant qu’il est lent, il va finir par y croire et par le devenir vraiment. Le diagnostic devient la maladie.

Nous pensons aussi les aider en les jugeant positivement:

– “T’es toujours si gentille toi!”

Mais ça ne les aide pas. Parce que ça mène au déni: “Ce n’est pas toujours vrai, je ne suis pas toujours si gentille, je ne peux pas faire confiance dans ce qu’il me dit”. Ou à l’angoisse: “Qu’est-ce qu’ils vont penser de moi quand ils se rendront compte que je ne suis pas toujours gentille avec ma petite soeur?”

« En tant que parents, nous ne devrions pas être là pour juger nos enfants, mais pour refléter ce qu’ils font de bien »

disait encore Haim Ginott. Quand le compliment ou la critique vise l’être, on juge. Alors que nous pouvons plutôt remplir leur coffre aux trésors intérieur, des souvenirs de tous leurs bons coups. De tout ce qu’ils ont fait de bien. Comme autant de ressources sur lesquelles ils peuvent compter pour avancer dans la vie.

Dans les ateliers de communication positive parent-enfant Faber & Mazlish proposé par Papoose.ch, nous apprenons à remplir ce coffre aux trésors.

– “Tu es vraiment gentille d’avoir laissé une part de gâteau à ta soeur!”

Nous apprenons à formuler des compliments pour qu’ils nourrissent vraiment l’estime de nos enfants, notamment par des compliments spécifiques et descriptifs. Nous apprenons comment faire progresser un enfant sans le juger.

Refléter à nos enfants ce qu’ils font de bien, c’est aussi les aider à construire une confiance en eux sur laquel s’appuyer pour faire face aux difficultés. C’est aussi les aider à développer une solide estime d’eux-même pour les protéger à long terme contre les critiques qui blessent. Nous souhaitons aussi qu’une fois adultes, nos enfants pensent:

Je ne suis pas nul, je progresse. Je n’échoue pas, j’apprends”

Autrement dit qu’ils aient un état d’esprit de croissance au lieu d’un état d’esprit fixe (Growth versus fixed mindset). C’est Carole Dweck, chercheuse et professeure à l’Université de Stanford qui a fait et popularisé cette découverte.

Avoir un état d’esprit fixe

c’est avoir cette idée qu’on est comme ça, que ça dépend de nos gènes et de notre environnement et qu’on ne peut rien y faire. Or, si vous complimentez surtout l’intelligence de votre enfant et ses bons résultats:

“Tu as vraiment du talent pour écrire, tu devrais t’inscrire à un de ces ateliers créatifs pour jeunes écrivains, parce que tu es vraiment bon à ça!”

vous renforcez en lui un état d’esprit fixe et ça le rend vulnérable.

En effet, ces enfants à l’état d’esprit fixe auront besoin d’avoir de bonnes notes à l’école pour se rassurer, ça va être leur objectif principal. Puis au cours de leur vie, ces enfants, devenus adultes, auront besoin de récompenses, de compliments pour rester motivés, pour ne pas se sentir détruits. La critique négative sera comme un  marteau, l’échec comme une hache. S’ils ne réussissent pas, c’est qu’ils ne sont pas intelligents. S’ils ne sont pas intelligents, ils ne réussiront jamais. Ils sont piégés, ils ne peuvent plus avancer. Alors souvent ces personnes rétrécissent leur vie à ce qu’ils savent faire. Et n’en sortent pas.

Si vous complimentez votre enfant pour l’effort qu’il a fourni, pour les stratégies qu’il trouve, pour sa concentration, pour sa persévérance:

“Tu as persévéré jusqu’à ce que tes textes soient appréciés et reconnus. Bravo. Peut-être devrais tu t’inscrire à un des ces ateliers créatifs pour jeunes écrivains, pour te mettre au défi d’apprendre quelque chose que tu ne sais pas encore!”

vous lui donnerez le goût de relever des défis, le plaisir à surmonter des difficultés. Vous cultiverez en lui un esprit de croissance.

Un esprit de croissance

c’est être persuadé que l’on peut toujours progresser, apprendre de nos erreurs, se relever de nos échecs. En fait, c’est ne jamais échouer, mais apprendre et progresser toujours. C’est s’appuyer sur des critiques pour faire mieux, sans se laisser détruire, c’est voir la réussite de l’autre comme une inspiration et non comme une menace. C’est être persuadé qu’on va pouvoir faire mieux.

En installant un état d’esprit de croissance dans sa classe, constituée majoritairement d’enfants en échec scolaire, une enseignante d’un quartier très défavorisé de l’Etat de New York, a mené cette classe aux meilleurs rangs des résultats du test de mathématiques comparant toutes les classes l’Etat de York.

Avoir un esprit de croissance, c’est aimer le défi et savoir qu’il est possible de déplacer des montagnes!

Ces états d’esprits ne sont que des croyances. Des croyances très puissantes!

Et vos enfants, seront-ils capables de déplacer des montagnes?

Photo: Free photo 109885845 © creativecommonsstockphotos – Dreamstime.com

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