T’as besoin de quoi?

Papa et maman sont déçus quand tu ne finis pas ta soupe!”

Voilà une phrase qui paraît bien gentille, n’est-ce pas? Et pourtant elle est violente. Violente? Comment ça? Les parents ne font qu’exprimer leurs sentiments ici, non?

Mmmh, relisez une fois cette phrase: “Papa et Maman sont déçus quand TU ne finis pas ta soupe.”

L’enfant est donc responsable des sentiments des parents?

S’il ne finit pas sa soupe, les parents seront déçus….les parents demandent à l’enfant d’assumer cette responsabilité. Donc, si l’enfant finit sa soupe, il le fera pour échapper à la culpabilité.

Mais alors qui est responsable des sentiments des parents? Eux-mêmes bien sûr!

Nous sommes responsables de nos propres sentiments!!

C’est un des fondements de la communication non violente (CNV), dont est fortement inspirée l’approche Faber et Mazlish, proposée dans les ateliers de Papoose.ch

Marshall B. Rosenberg, le fondateur de la communication non violente propose de relier nos sentiments à des besoins. Car, comme il disait:

«ce n’est pas le comportement d’autrui, mais bien notre propre besoin qui suscite notre sentiment. »

Quel est le besoin des parents qui voient leur enfant ne pas finir sa soupe? Par exemple, celui d’être rassuré qu’il a suffisamment mangé pour être en forme.

Papa et maman sont déçus quand tu ne finis pas ta soupe, PARCE QUE nous souhaitons que tu deviennes un enfant fort et en bonne santé”.

En utilisant la formule “Je me sens ….. parce que j’aimerais….”, nous assumons nos sentiments et nous permettons à l’enfant de comprendre quels sont nos besoins.

Or quand chaque partie comprend les besoins de l’autre, elle est plus encline à y répondre favorablement.

Quand les enfants laissent leur manteau par terre alors que nous autres, parents, souhaiterions qu’ils les accrochent à la penderie, nous avons tôt fait de les qualifier de paresseux ou désordrés, n’est-ce pas? Encore une fois, le plus souvent nous jugeons, nous critiquons, nous jetons la responsabilité de notre colère, de notre insatisfaction sur les autres.

Quand nos besoins sont insatisfaits, c’est trop souvent sur les défaillances de l’autre que nous nous concentrons.

“Je me sens contrarié quand je vois les manteaux au sol, parce que j’ai besoin d’un peu d’ordre pour me sentir bien. Serais-tu d’accord de remettre ton manteau à son crochet?”.

Plus un enfant a été critiqué, culpabilisé ou puni pour ne pas s’être plié à la volonté d’autrui, plus il risque d’entendre une exigence à la moindre demande. Or la manière la plus convaincante de montrer que notre demande est sincère et n’est pas une exigence déguisée, consiste à réagir avec empathie à un refus.

Autrement dit, à ne pas entendre un refus comme un rejet, mais comme une expression du besoin qui empêche l’enfant de dire “oui”.

– Je voudrais que tu mettes la table, s’il-te-plaît.
– Non! Je veux jouer!
– Tu voudrais encore pouvoir jouer un peu avant de faire autre chose. Tu ne te sens pas libre de gérer ton temps comme tu veux quand je te demande de mettre la table, est-ce que c’est bien ça?
– Ouais, je viens de commencer mon puzzle, je veux aller jusqu’au bout.

Et là vous pensez: « oui super la technique, quand on veut que les choses soient faites! Tiens l’autre jour, j’avais 2 minutes pour le faire monter dans le siège auto pour être à l’heure à l’école….là on fait comment? »

Le but de la communication non violente, n’est PAS d’amener l’autre à faire ce qu’on veut.

La communication non violente a comme but de permettre à chacun de pouvoir exprimer ses besoins et à chacun d’être libre d’y répondre en toute bienveillance.

Parce que tout être humain est enclin à répondre aux besoins de l’autre si ses propres besoins sont aussi entendus.

Mais alors pour le siège auto à 7h35? Comment on fait pour qu’il rentre dedans alors qu’il déteste ça?

Ah, c’est là qu’Adel Faber & Elaine Mazlish nous rendent service!

Il est possible de faire coopérer un jeune enfant par le jeu par exemple….ça, c’est ce qu’on voit aux ateliers “Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent“ chez Papoose.ch.

Et d’ailleurs, l’écoute empathique ou l’écoute des sentiments, ça fait aussi partie des thématiques que l’on aborde aux ateliers.

Image par John Hain de Pixabay

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