Vous voudriez évitez quelques crises?

L’autre jour, j’ai été témoin d’une scène si commune et pourtant si facilement évitable…

Je passais à une place de jeux avec mes deux filles. Elles ont rejoint un groupe d’enfants du quartier qui arrivaient au même moment. J’admirais comment ces enfants ont tout de suite profité pleinement du moment, des autres qui étaient là, peu importe qui, comment ils ont tous respecté la lenteur des plus jeunes.

Bien sûr, leur jeu a évolué, s’est rapidement réinventé, et bientôt le premier en haut du toboggan, peu importe le moyen, est devenu l’objectif. Une des filles, Sarah, a trouvé injuste que ses camarades remontent le toboggan à l’envers, même qu’à moitié ou prennent un raccourci pour lui passer devant. Et elle l’a fait savoir! D’abord aux premiers concernés, mais comme ça n’a pas eu d’effet, elle l’a dit à son père:

Papa, c’est pas juste, ils veulent toujours être avant moi!
C’est pas grave, Sarah.
Mais c’est pas juste! continue Sarah en râlant.
Eh! Tu va pas chouiner pour ça, quand même!
Moi, ma règle, c’est: le premier qui est en haut, c’est le premier qui peut descendre!
Mais c’est bon, vous êtes en train de jouer...rajoute le Papa.

Et Sarah, se met à pleurer. Alors son père lui dit:

Sarah, tu ne vas pas commencer à criser!
Siiiiiiii, répondit-elle en sanglots.
Alors sort de là, lui ordonna-t-il! Vas aux balançoires!
Sarah se mis à pleurer de plus belle!

C’est pas juste! crie-t-elle
Sarah, arrête de criser, lance son père visiblement très agacé.

Mais l’effet est inverse à ce qu’il souhaite, Sarah semble maintenant vraiment bouleversée.

Puis j’entends le Papa crier:

Encore une crise et c’est plus de télé ce week-end, deux crises, plus de télé pour la semaine, 3 crises, plus de télé pour le mois!

Cette menace était comme le dernière espoir du Papa de raisonner sa fille. Mais elle était déjà hors contrôle! Cette menace, n’a fait qu’empirer les choses. Sarah s’est mise à crier en désespoir, combien elle trouvait injuste! Son cerveau était en feu, dirait Dan Siegel, son cerveau du haut n’était plus raisonnable!

Vous imaginez bien, ces hurlements qui ne pouvaient cesser ont très vite mené le Papa à égrainer, “Plus de télé pour ce week-end….plus de télé pour cette semaine…plus de télé pour ce mois….” Puis, à cours d’outil, le Papa a embarqué la petite soeur sous le bras et a déclaré en partant d’un pas rapide: Nous, on rentre!” Sarah, s’est mise à hurler “Attends-moi!!!” et à lui courir après, mêlée de rage, de peur et de désespoir.

Comment une scène si banale au départ, peut tourner à la crise si facilement? Que demandait Sarah finalement? De quoi avait elle besoin?

Qu’on reconnaisse ses sentiments!

Elle avait besoin de se sentir comprise! Comprise dans son sentiment d’injustice. Si le Papa avait commencé par valider son sentiment, la scène aurait pris une autre tournure:

Papa, c’est pas juste, ils veulent toujours être avant moi!
Tu trouves ça injuste que les autres ne prennent pas les escaliers et surtout qu’ils ne respectent pas l’ordre d’arrivée en haut du toboggan.
Oui, moi, ma règle, c’est: le premier qui est en haut, c’est le premier qui peut descendre!

De cette manière, Sarah ayant été comprise, son cerveau aurait été libre et capable de résoudre son problème ou y faire face. Elle y serait arrivé seule, probablement.

Connecter avant de corriger!

Mais admettons que le Papa voulait lui transmettre que dans ce cas, c’est un jeu et qu’elle pouvait faire preuve de plus de souplesse envers les autres….Une fois les sentiments de Sarah reconnus, ayant alors « connecté » avec sa fille, il aurait pu dire: “C’est un jeu Sarah, peut-être peux-tu trouver une solution pour que tu y trouves du plaisir toi aussi, dans cette course au plus rapide. Sinon tu peux toujours aller aux balançoires…” Quand le cerveau de Sarah n’est pas en feu, il est capable d’entendre une telle remarque!

Quand nous entendons notre enfant commencer à faire une crise, demandons-nous d’abord ce qu’il ressent et validons. C’est ce qu’on apprend dans la première rencontre des ateliers “Parler pour que les enfants parlent, parler pour que les enfants écoutent”, de Papoose.ch. Ça ne veut pas dire qu’on doit être d’accord, il y a toujours possibilité de corriger, pour autant que l’incendie n’ait pas pris.

Image par Alexas_Fotos de Pixabay

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